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lundi 8 décembre 2014

Comment choisir son conservateur?


Alors petit rappel, mais qu’est ce que c’est un conservateur ?

On peut aborder le sujet sous 2 angles :
- le légal, celui du règlement cosmétique européen 1223/2009,  c’est une substance qui est exclusivement ou principalement destinées à empêcher le développement de micro-organismes dans le produit cosmétique. Bon jusque là tout est logique. Le hic c’est qu’en fait pour être officiellement un agent conservateur il faut en plus appartenir à la liste de ceux admis dans les produits cosmétiques. Elle n’est pas si longue que ça car elle contient globalement 55 molécules.
- le non officiel, celui couramment pratiqué  (en cosmétique conventionnelle, bio, maison) par des anti microbiens dont le but est identique. Mais n’appartenant pas à la liste, ils n’en sont légalement pas… !

La Cosméteuse : Ensemencement de micro organismes

Dès lors on comprend que lorsqu’on revendique le fait qu’un produit est sans conservateur, s’il est nécessaire du fait d’un risque de contamination microbienne (due à la présence d’eau dans la formule par exemple), il  n’est pas possible que le produit soit formulé sans un antimicrobien…. Tout ça est une histoire de langage finalement.


Comment agit un conservateur ou antimicrobien ?

Sans faire un grand rappel de microbiologie et biologie cellulaire je vous rassure.
Ils peuvent être antibactériens et dans ce cas, soit :
- Bactériostatiques : ils empêchent le développement des bactéries.
- Bactéricides : ils tuent les bactéries.
Ou être antifongiques :
- Fongistatiques : ils empêchent le développement des champignons.
- Fongicides : ils tuent les champignons microscopiques.

Dans les deux cas, ils agissent de trois manières :
1-ils dénaturent les protéines de la paroi bactérienne.
2-ils altèrent le système enzymatique de la cellule bactérienne.
3-ils modifient leurs système de reproduction.

En gros, ils les tuent à petit feu ou rapidement, ou ils les stérilisent…

Certaines substances sont plutôt ……statique, d’autres …….cide, d’autres bactério……., d’autres fongi……  c’est à dire très spécialisées ou au contraire sont polyvalents. Tout cela en fonction de leur nature chimique ou de la quantité utilisé dans le produit cosmétique au final.


Pourquoi il nous embêtent ?

Enfin, une bonne question la vrai, la seule qui nous intéresse. Surtout notre peau!
Imaginez un microbe est un être composé d’une seule cellule autrement dit unicellulaire. Et nous, nous sommes constitué de milliards de cellules (= pluricellulaire)… On n’est pas à arme égale, quand il s’agit de se comparer. Les bactéries, levures, moisissures ont donc développé des stratégies pour se protéger. Elles sont bien plus solides, résistantes comparativement à nos cellules, même celles de notre épiderme parmi les plus costaudes… de notre organisme.
Donc pour venir à bout d’un microbe, il faut un killeur assez puissant, qui s’il doit agir sur une de nos cellules la « flinguerait » ultra rapidement. Tel un cowboy tirant plus vite que son ombre! L’avantage pour nous, c’est que notre corps à la capacité de remplacer ou réparer  bon nombres de nos cellules. Puisqu’on est multicellulaire… c’est ça notre défense à nous ! Mais voilà c’est aussi notre faiblesse. Et là d’individu à individu, nous ne sommes pas tous égaux… en effet nous n’avons pas tous les mêmes capacités de défense, de réparation et la même résistance de départ. Les uns peuvent avoir des cellules insensibles au contact des conservateurs/antimicrobiens et les autres au contraire avoir des cellules si fragiles qu’elles seront détruites par eux.
Mais alors le problème ce n’est pas le conservateur/l’antimicrobien, c’est la peau ???? Euh… je n’ai pas voulu vraiment dire ça, c’est une autre lecture qu’il faut faire. Mais c’est un peu vrai car finalement ce sont les personnes ayant la peau la plus faible ( par nature, par usure ) qui va mal réagir.
Donc que la substance soit officiellement ou officieusement un conservateur, elle est du fait de son mode de fonctionnement sur les cellules quelle qu’elle soit potentiellement toxique !!!!


Que faut il faire alors ?????

Ne plus utiliser ni l’un ni l’autre !!! Non ça ce n’est    pas possible ni à l’échelle de la cosmétique maison encore moins dans un modèle industriel.
Sans eux en quelques jours le produit tourne au fromage ou à la mare putride, d’abord discrètement sans que cela ne se détecte ni à la vue ni à l’odeur (sous 2 ou 3 jours) puis bien identifiable sous 1 à 2 semaines.
En voici la preuve…
Contamination microbienne

Il est obligatoire dès qu’il y a de l’eau dans une recette de mettre un antimicrobien/recette.
Ne pas conserver son produit c’est risquer de se contaminer et d’avoir des irritations liées à la présence des germes !







Lesquels choisirs ?

Ceux qui sont légalement des conservateurs* et autorisés par Cosmébio/Ecocert/Qualité France/Cosmos :
- benzoic acid et ses sels : 0,5% produit non rincé ; 1,7% produit bucco dentaire rincé ; 2,5% produit rincé, en acide
- benzyl alcohol : 1%
- dehydroacetic acid et ses sels : 0,6% en acide, ne pas utiliser en aérosol (spray)
- salicylic acid et ses sels : 0,5%  en acide, ne pas utiliser chez les enfants de moins de 3 ans hormis les shampooings
- sorbic acid et ses sels : 0,6% en acide
Ils sont synthétiques mais autorisés car leurs méthodes d’obtention sont parmi les  moins dramatiques pour l’homme et l’environnement et  car sont proches de molécules naturelles.

*Dans ce cas il faut respecter leur dose maximale d’utilisation et les restrictions d’utilisations
il est possible d’acheter chez les divers distributeurs d’ingrédients de cosmétique maison les ingrédients purs ou des mélanges. Dans ce dernier cas veillez à ne pas dépasser les doses légales en lisant les fiches techniques ou en leurs demandant. Ils sont tenus de vous transmettre les infos !!!!
Par exemple le Geogard/Cosgard qui est un mélange de 2 molécules (benzyl alchohol et déhydroacetic acid) a un maximum de 1,1%.

Ceux qui ne sont pas « légaux » :
- les autres quoi !!! qui auront des noms INCI différents des précédent donc…
Dans ce cas, il faut exiger de pouvoir jeter un œil sur le(s) challenge(s) test effectué(s). Plus il y en a eu de fait sur des produits très différents, plus c’est la possibilité d’avoir la preuve d’une efficacité. 
Mais n’oubliez pas ce n’est pas parce que ça marche une fois que ça marche chaque fois !!!
Et il faut demander à votre fournisseur, si une étude de CMI a été faite et bien sûr la lire…
Kezako ? C’est la Concentration Minimale Inhibitrice c’est à dire la plus petite quantité de substance qui sera efficace par souche microbienne. Plus le nombre de souches est grand et en relation avec la peau mieux c’est.

Voici des exemples de challenge tests et de CMI :

5 CMI et 3 Challenge tests 
On peut constater que dans le cas de ce conservateur les CMI ont été réalisées sur 5 souches : 3 bactéries, 1 levure, 1moisissure. On peut ainsi connaitre sa faciliter à bloquer ces germes particulièrement dangereux. C'est donc plutôt rassurant de vérifier sa force de cette façon.
Pour ce qui est des Challenge Tests ce sont juste 3 exemples de produit très différent montrant que le conservateur est susceptible d'être efficace. Ce n'est en aucun cas une garantie d'efficacité pour tous les produits...







Finalement?

1)   utiliser un conservateur certifiable par les divers labels.
2) utiliser un antimicrobien si la documentation technique est riche en renseignement scientifique.
3)   ne pas dépasser ou sous doser pour le bienfait de la peau et des produits.
4)   s’imposer une durée d’utilisation la plus courte possible (1 mois) et donc ne pas produire en « grande quantité » pour un usage familial. Puisqu’il n’est pas possible de savoir ce qui microbiologiquement parlant, il se passe.
5)   Conserver ses ingrédient et ses produits maison fabriqués au frigidaire.
6)   N’utiliser que des produits ne contenant pas d’eau !



Soyez généreux avec votre peau !!!







4 commentaires:

  1. très claires tes explications, j'espère que beaucoup de personnes le liront, et prendront conscience de l'aspect microbio!
    J'apprécie tes écrits!!
    bravo
    Brigitte

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  2. Oui si les utilisatrices de cosmétique maison pouvaient aussi comprendre que les germes peuvent eux aussi être source d'irritation, d'allergie en plus de l'aspect contaminant.... Ca éviterait le boycott que font certaines, pensant faire bien, de ce sacré conservateur qui est perçut comme un vilain! Il y a toujours/souvent un coté obscur comme j'aime à dire... à tout. Pour le maitriser il faut vouloir apprendre et comprendre!!!

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  3. bonjour, des tas d'huiles essentielles assurent ses fonctions aussi; pourquoi ne pas les conseiller?

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    1. Bonne remarque, effectivement on pourrait se le dire mais hélas! Un produit cosmétique ne réagit pas aux contacts des HE comme le corps humain... Malheureusement, les huiles essentielles aux doses utilisables en cosmétique ne suffisent pas à conserver le produits pendants très longtemps... voir pas du tout, elles sont considérées comme des aides c'est à dire qu'elles permettent de diminuer la quantité de conservateurs à introduire ds le produit. Des études de propreté, l'on déjà démontré sur plusieurs types de produits. :(

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