Coaching cosmétique

Vous voulez lancer votre marque ou animer des ateliers cosmétiques. C’est possible !

Apprenez à faire vos cosmétiques vous même en toute liberté, et laissez s'exprimer votre créativité.

Initiez vous au monde de l'industrie cosmétique (technique, réglementation, biologie cutanée, esthétique...) et à celui de l'animation d'ateliers cosmétiques naturelles.

Spécialiste de la formation professionnelle cosmétique naturelle depuis plus de 7 ans! Plus de 500 personnes formées en groupe (maxi 12) ou individuellement (1 to 1) et sur mesure…

Cosmétologue/Consultante Cosmétique et formatrice ma mission est de vous accompagner tout au long de votre projet professionnel et vous aider.

Contactez moi par mail à lacosmeteuse@gmail.com ou pour d’autres informations sur www.ccfc-cosmétique.com

mercredi 4 décembre 2013

Interview de Katja Stojetz : Laboratoire Centiflor

1. Pouvez vous me dire comment vous est venue cette idée (envie) de vous lancer dans cette aventure ?
J’ai découvert l’aromathérapie à travers ma belle mère en Provence, il y a près de 25 ans. Amoureuse des plantes comme moi elle utilise les huiles essentielles depuis toujours...
A l’époque, j’habitais à Paris et il était très difficile de trouver des huiles essentielles. Il y a avait bien quelques pharmacies qui proposaient un choix restreint mais il était rare de trouver des pharmaciens formés en aromathérapie.
Je faisais alors mes provisions lors de mes séjours en Provence (chez Nelly Grosjean). Plus tard, avec l’arrivée de l’internet, j’ai cherché à m’approvisionner en huiles essentielles sur internet mais peu de sites sérieux existaient alors.

Par ailleurs, beaucoup de personnes dans mon entourage s’intéressaient à ces extraits magiques, mais peu de personnes étaient au courant des innombrables possibilités d’utilisation qu’offrent les huiles essentielles. Peu de livres sur le sujet existaient alors en Français. Je me suis beaucoup documenté avec des ouvrages de chercheurs en anglais.
Tout cela m’a conduit à créer ma marque et mon site internet pour permettre à des personnes comme moi de pouvoir facilement se procurer des huiles essentielles de qualité et s’informer sur leur propriétés et possibilités d’utilisation.

2. Diriez-vous qu’aujourd’hui ce serait encore réalisable, dans les mêmes conditions ?
Ce serait toujours réalisable, mais pas dans les mêmes conditions.
En quelques années la situation a radicalement changé : toutes les pharmacies disposent d’une gamme assez complète d’huiles essentielles et proposent de nombreux produits annexes. Il en va de même pour les magasins bio. L’offre en cosmétiques naturelles à littéralement explosée. Le marché de la cosmétique met de plus en plus les actifs naturels comme les huiles essentielles en avant, la presse en parle, de nombreux livres existent. Le consommateur dispose d’un large choix de ressources d’information. Et c’est tant mieux !


3. D’où vous vient cette passion du naturel ?
De ma grand mère et mon grand père en Allemagne. Ma grand-mère connaissait toutes les plantes médicinales et mon grand père était apiculteur. Je devais d’ailleurs hériter de ses abeilles, ce qui n’a malheureusement pas éte possible puisque je séjourne beaucoup à l’étranger.

4. Pourquoi vous être localisée en Provence, au pied du Mont Ventoux célèbre pour les cyclistes et leur mollets mais pas pour les cosméteuses et leurs recettes ?
Parce que c’est là qu’on trouve les meilleures huiles essentielles ! Aussi je voulais que nous soyons basés le plus proche de la nature que possible. Du coup, notre entreprise est assez en retrait mais notre cadre de travail est exceptionnel.

5. Comment quand on est novice dans ce secteur comme vous l’étiez, fait-on pour être conforme sur toutes les exigences règlementaires et comment au regard de la taille familiale de votre entreprise faites vous encore aujourd’hui ?
En s’entourant de personnes qualifiées ! Nous avons une pharmacienne-toxicologue qui travaille avec nous depuis nos débuts, et des techniciennes en formulation cosmétique. Tout le monde travaille main dans la main. C’est passionnant mais c’est aussi très prenant au quotidien car je n’ai pas d’encadrement pour me seconder.

6. Pouvez-vous me lister les plus grandes difficultés.
Le fait d’avoir travaillé 24/24 heures et 7/7 jours pendant plusieurs années au détriment de ma vie de famille et de mes enfants. Je dois dire aussi que gérer une PME en France est vraiment difficile avec les lourdeurs administratives, les contrôles, les taxes, la législation du travail, les 35 h... Il faut énormément d’énergie et de volonté pour créer et surtout développer une entreprise en France.

7. Comment sélectionnez-vous vos produits ?
Tout d’abord nous avons un cahier des charges strict auquel nous fournisseurs doivent se soumettre. Ce niveau d’exigence, et ce n’est pas un hasard, nous amène à travailler avec les meilleurs fournisseurs. Ils ont notre confiance mais les contrôles n’ont jamais varié en intensité sur leurs matières premières.

8. Pourquoi vous êtes vous diversifiée ? de quelle manière ? pourquoi à la fois avoir si peu ou tant de références ?
Nous avons commencé notre activité avec la vente des huiles essentielles et quelques beurres et huiles végétales. Nous avons rapidement vu que les huiles végétales étaient non seulement complémentaires aux huiles essentielles, mais aussi intéressantes seules en termes de propriétés cosmétiques et même thérapeutiques.
Nous avons donc rapidement élargi notre gamme avec d’autres beurres et huiles végétales.
Avec ces bases, nous avons réalisé notre première gamme de cosmétiques bio faite d’huiles et bougies de massage. Un peu plus tard, nous avons développé une gamme d’huiles de beauté.
En réalisant nos cosmétiques, nous avons constaté qu’il y avait aussi une demande sur d’autres produits naturels liés aux cosmétiques naturels. Ainsi, nous avons progressivement introduit des émulsifiants et toute une gamme d’actifs naturels. Aujourd’hui, notre offre comporte plus de 1000 références !
Pour la partie cosmétiques maison nous avons cependant volontairement limité notre choix en émulsifiants et actifs. Nous avons testé beaucoup de produits pour en retenir seulement ceux qui permettent de réaliser des formules de qualité.
Nous formules cosmétiques maison sont d’ailleurs toutes créées et testées par notre laboratoire.


9. Comment décririez-vous les divers profils de vos clients ?
Nos clients sont des personnes qui prennent soin de leur santé et de l’environnement.

10. Comment voyez-vous l’avenir de la cosmétique maison ?
De plus en plus de personnes découvrent qu’il est facile de réaliser ses propres cosmétiques de qualité. Cette tendance va se poursuivre. Mais mon souhait est que ces personnes puissent se lancer en disposant d’un minium d’information professionnelle pour réaliser leurs cosmétiques de manière correcte et hygiénique. On voit malheureusement trop d’informations erronées circuler et des « réalisations » qu’il ne vaudrait mieux pas s’appliquer sur le visage !

11. Pourquoi passer d’un certificateur à un autre ? quel est celui qui à vos préférences ?
Nous avons deux organismes de certification : Ecocert pour les huiles essentielles, et Qualité France (Bureau Véritas) pour les cosmétiques. Ils doivent être agrémentés par l’État et vérifier que les entreprises et producteurs respectent bien les cahiers de charges bio. Ensuite ils travaillent à des tarifs différents et leurs méthodes de travail peuvent aussi varier.

12.Quelles sont les 5 à 10 règles que devraient respecter les cosméteuses ?
  • suivre une formation avec un professionnel dans le domaine (même brève),
  • ne pas croire toutes les informations qui circulent sur le net, puisque les personnes recopient souvent des erreurs (par ex utiliser l’EPP pour conserver leur cosmétique), 
  • respect des règles d’hygiène strictes :  tout désinfecter/stériliser,
  • conserver correctement son produit (au frais, à l'abris de la lumière), 
  • surveiller son évolution dans le temps,
  • respecter les formulations (dans notre cas, elles sont étudiées spécifiquement pour la cosmétique maison par des professionnels)


13. Pourquoi avoir cité le fait de se former ?
Nous constatons tous les jours que les personnes ont de vraies lacunes puisqu’elles ont appris sur le tas avec des personnes qui elles-mêmes n’ont pas été correctement formées en amont. C’est ainsi que vous retrouvez des erreurs graves à ne pas commettre dans des magazines et des livres.
Une contamination microbiologique va très vite et je me demande combien de personnes s’appliquent tous les jours des microbes avec leur produit cosmétique...
Le but d’une formation est de réaliser des cosmétiques de qualité et efficaces avec une belle texture et un parfum plaisant que l’on peut utiliser en toute sécurité. Une formation permet aussi de pouvoir agir en tant que consommateur averti. Si l’on n’a pas le temps ou l’envie de se fabriquer ses produits on pourra au moins sélectionner les produits de qualité du commerce et savoir pourquoi on dépense son argent.


14. Quels sont les travers dans lesquels les cosméteuses débutantes et même aguerries ne devraient jamais avoir ?
Confondre « cuisine » et « cosmétiques maison ». Le non respect des dosages en particulier pour les produits dangereux est un risque très présent chez la cosméteuse Aussi, la multiplication des actifs dans un produit qui souvent est inutile. Autre travers, ne pas effectuer des tests d’allergie avant d’utiliser un actif ou produit, et ne pas vérifier le pH.

15. Comment animer un atelier sans mettre en danger le participant ?
En appliquant et en faisant appliquer strictement les précautions d’usage et en diffusant une information générale avant de débuter l’atelier. C’est absolument indispensable (respect de formules et instructions, risques d’allergie, mesures d’hygiène, etc.)

16. Ou aller chercher ses sources d’inspirations quand on débute dans ce domaine (fabrication/création de ses recettes) ?
Sur des sites et blogs tenus par des professionnels ou amateurs bien (in)formés.
L’inspiration vient une fois que l’on maitrise des formules de base. C’est un peu comme en musique ! Chacun a ses formules fétiches qu’il va peut être, avec la pratique, légèrement adapter à ses propres besoins.


17. Pensez- vous que les mondes professionnels de l’esthétique et de la coiffure ont leur place parmi nous ? de quelle façon ?
Oui bien sur ! Comment ? Je ne sais pas, puisqu’il est interdit de réaliser des préparations cosmétiques à la demande des clients. 
En ce qui me concerne, j’emporte toujours mes produits « fait maison » (shampooing, masque) chez le coiffeur qui les adore....

18. Quel poids économique pesons nous face au mastodonte de la cosmétique « traditionnelle » (= laboratoires vendant des produits finis bio ou pas) ?
Je ne connais pas ce chiffre, mais je peux vous dire que nous sommes certainement microscopiques !

19. Pour simplifier existons-nous pour eux ?
Nous sommes une « tendance » que leurs services marketing sont surement en train d’étudier pour mieux vendre leurs produits....

20. Qui sont les participants aux stages de 3 et 5 jours ?
Particuliers novices et avertis, professionnels en reconversion.

21. Qui sont les participants aux ateliers courts ?
Particuliers novices souhaitant découvrir cet activité ou parfois juste pour passer un moment créatif pour se changer les idées ou entre amis.

22. Pour conclure comment pour vous être généreux avec sa peau ?
S’alimenter de manière saine, bouger et faire du sport, dormir au moins 8 heures.
Nettoyer la peau tous les soirs.
Appliquer une crème de soir (nourrissante, régénérante) et une crème de jour (protectrice et hydratante).
Un masque à l’argile par semaine pour purifier la peau. Un exfoliant tous les 2 mois (peau sensible).


 Aromatiquement !

Fiche signalétique
Nom de la société : Laboratoire Centiflor
Date de création : 2006
Effectif humain : <10
Localisation : ENTRECHAUX Vaucluse
Adresses internet : http://www.huiles-et-sens.com

jeudi 21 novembre 2013

Ateliers cosmétiques pour Coiffeurs contre le sida


LE 26 NOVEMBRE 2013

Je participe à une opération "coiffeurs contre le sida" organisé par l'école Pigier création (44 rue de la Quintinie 75015 Paris) pour Sidaction. Le but est de récolter des fonds et les reverser à l'association.



Tarif : 5 euros/par produit reversé en totalité à la lutte contre le sida.
Les ingrédients sont des surplus que je possède et les flacons/pots sont de la récup.
Je propose 3 ateliers de 8 personnes maximum, bien que finalement j'ai une liste d'attente de 4 personnes pour chaque produit...).

Durée : entre 45mn et 1H (je suis bavaaaaarde quand j'explique)...
Programme par atelier : 
  • présentations des cosmétiques maisons, 
  • des règles d'hygiène et sécurité, 
  • de la forme galénique des produits, et 
  • des ingrédients, 
  • positionnement marketing du produit,
  • fabrication, 
  • conditionnement, 
  • étiquetage des produits. 

Objectifs : hormis la participation à l'action contre le sida, cela me permet de sensibiliser un "jeune public" d'élèves en coiffure et en esthétique à la cosmétique naturelle faite maison. Bref, faire découvrir à de futurs professionnels une autre vision de leur métier en les éveillant au naturel, au bio, à la consommation  locale, au recyclage... assez loin souvent de leurs préoccupations à quelques exceptions près. En plus, cela permet d'illustrer leur cours de cosmétologie  si passionnant au regard des référentiels de leurs diplômes ( CAP, BP, Bac pro, BTS)!!!
Tout ceci associant pédagogie de la cosmétologie et biologie avec le plaisir de faire soit même et la découverte de la réalisation. Le voile se lève… sur le coté obscur de la fabrication et conception. Promis pas d'interro à la fin!!!! Juste le partage d'un moment ludique et plaisir. 

Planning :
  • 14H15-15H00 : Eau micellaire démaquillante à l'eau de rose. Pour un démaquillage en douceur tout en hydratant et respectant l'équilibre de la peau.
  • 15H15-16H15 : Crème visage hydratante a effet bonne mine à la fleur d'hibiscus et l'huile de framboise délicieusement nacrée. 
  • 16H30-17H30 : Masque démêlant et volumateur pour des cheveux plus doux et plus faciles à mettre en forme.
Libre choix du parfumage.

Bien évidemment, les ingrédients sont naturels ou BIO dans la logique des certifications cosmebio….


Je vous ferais un compte rendu de cette belle après midi, pleine de générosité en perspective pour tous!!!

vendredi 18 octobre 2013

Choisir son matériel

AHHHHHH!

Vaste sujet que le choix de son matériel de fabrication!!!
ET pourtant c'est si simple de faire les bons choix!!! et peu cher en investissement, finalement...

OUFFFFFFF!


Alors il suffit d'avoir :

- une balance à un ou deux chiffre après la virgule : 18,00€ ou dans votre placard de cuisine
- deux bechers  en verre*  de 150 ml : 12,00€
- deux spatules en inox ou couteaux à bout rond : 20,00€ ou dans son tiroir de cuisine
- un thermomètre digital : 10,00€
- une maryse miniature ( raclette/spatule souple) : 2,00€
- cinq pipettes souples jetables (mais lavable) ou seringue ou à piston : 1,00€
- un moteur agitateur/émulsionneur rond avec le mobile dit défloculeuse : 5,00€
- un fouet miniature : 3,00€ ou dans son tiroir de cuisine une cuillère à miel
- une paire de lunettes : 5,00€ ou dans son placard de bricolage
- une paire de gant jetable par lot de 10 : 1,50€ ou dans son placard de bricolage
- un tablier de cuisine : 8,00€ ou dans son placard de cuisine
- une casserole : dans son placard de cuisine
- un bol en verre pyrex : dans son placard de cuisine
- une boite de bandelette de papier pH par 10 : 18,00€
- une plaque chauffante électrique : ou sa cuisinière!

* il est possible trouver des bechers en plastique moins cher, plus légers, pas cassables lors de transport ou par des doigts maladroits. Mais en plastique...

Donc en résumé vous allez investir  en GROS : 30-60,00€!!!  pour un poids de 300 à 400g.

Alors oubliez :

- les machines à 200,00€ qui ne servent qu'à vous piquer votre argent, bruler vos ingrédients car il n'y a pas de réglage de température possible hormis froids et 80°C, et polluer vos préparation avec un vernis synthétique qui tapisse la cuve en aluminium...
- les cassolettes/bol chauffant à 12,00€ qui ne chauffent pas terribles...
- les bols en inox au même prix que les bechers en verre mais qui nécessitent l'achat d'une poignée...
- et les inutiles : goupillons, entonnoirs, éprouvettes ...

Et pourquoi ? :

- Parce qu'une recette se pèse : pour pouvoir la reproduire le plus possible à l'identique surtout lors de leur utilisation en atelier de cosmétique. Une différence de quantité d'ingrédient peut être source de loupé ou d'intolérance cutanée... elle se pèse aussi car en général c'est un mélange d'ingrédients liquides, pâteux et solides donc c'est le plus simple de tout peser plutôt que mesurer des volumes  pour les liquides et peser les solides , puis transvaser les liquides dans le becher des solides, et au final laisser du liquide dans l'éprouvette et donc avoir des "pertes d'ingrédients". (Revoir le post pourquoi peser ses ingrédients? de Mai 2013).

- Parce que la démultiplications des outils et la "perte d'ingrédient" fait consommer plus.
- Parce que lorsqu'il y a chauffe d'une phase il faut contrôler la température  et la minimiser en l'adaptant à la formule, afin de ne pas oxyder (bruler) les matières premières qui pour certaines (tous les corps gras végétaux ou presque) y sont extrêmement sensibles. Il faut donc un thermomètre.
- pour faire du vrai BIEN à la peau et pas croire qu'on en fait!!!

Alors qu'attendons nous pour faire des économies??? et correctement nos produits??? 

RIEN, tiens j'y retourne... 

AROMATIQUEMENT!

jeudi 10 octobre 2013

L'enfleurage





C’est un procédés très ancien et artisanal (quasiment plus pratiqué actuellement), très coûteux car tout est manuel. Il est réservé aux fleurs très fragiles (jasmin, tubéreuse).
Il est fondé sur l'attirance des molécules odorantes des parfums de plantes pour les corps gras. 
Les fleurs fraîchement cueillies sont déposées sur un plateau recouvert d’une couche de graisse (mélange de suif et d’axonge historiquement, plus maintenant) . La substance odorante de la fleur imprègne la graisse. Les fleurs sont régulièrement tournées et renouvelées une à une. On obtient une pommade qui est fondue puis ensuite traitée à l’alcool (cf ci-dessus) pour obtenir une absolue dite d'échassis ou d'enfleurage. Car il existe aussi des absolues obtenues cette fois ci par extraction aux solvants volatils (berk!!!)


Bref! Regardons la vidéo, il montre tout ça super bien!


Aromatiquement...

vendredi 6 septembre 2013

La distillation des huiles essentielles

Voici une petite explication vidéo pleine d'humour et assez précise!
Je tiens à préciser :
- que lors d'une distillation la partie de la plante à distillée est traversée par la vapeur, elle ne baigne pas dans l'eau en ébullition, car certaines images pourraient nous le faire croire ;-)
- le feu de bois n'est plus vraiment d'actualité dans un contexte industriel qualitatif car les cuves (de préférence en inox) sont chauffées électriquement par résistances.
- pour les puristes : l'huile essentielle est uniquement le nom donné au résultat de cette hydrodistillation. L'utilisation d'autres procédés d'extraction comme l'enfleurage,  le CO2 super critique, l'entrainement par des solvants, l'expression à froid, les macérations.... donne naissance à des produits aromatiques ayant des noms différents (pour éviter les confusions "technique")
- Il est obtenu finalement 2 substances : l'huile essentielle et l'hydrolat (appelé aussi eau florale et ce quelque soit la partie de la plante utilisée, florale vient du mot flore au sens large des botanistes...).  


Aromatiquement....




mercredi 31 juillet 2013

Le monde des cosmétiques épisode 2 été 2013 - LES CONTRÔLES, LES TESTS


LES CONTROLES ET TESTS

Lors de la mise au point du produit, ce dernier subit de nombreux contrôles et tests afin d’être conforme aux normes, de pouvoir être mis en production et finalement être définitivement accepté (c'est-à-dire validé).



1. La stabilité
Ce sont les 1ers contrôles réalisés sur chaque essai.
Ils consistent à faire un vieillissement accéléré du produit afin de prévoir les essais qui pourront durer 30 mois (durée légale).

Les produits sont soumis à différents contrôles, ils sont ainsi successivement :
- passés à la centrifugeuse (système permettant de faire tourner le produit à très grande vitesse) : provoque la chute et le dépôt des particules (gouttelettes des émulsions, poudres, pigments, nacres…) ;
- placés dans une étuve (four à chaleur basse) et mis au réfrigérateur : afin de liquéfier ou cristalliser les ingrédients;
- observés au microscope : pour visualiser la taille des gouttelettes, l’absence de cristaux, la transparence… ;
- surveillés sur leur aspect, odeur, couleur (critères organoleptiques) : qui ne doivent pas se modifier dans le temps ;
- contrôlés quant à leur viscosité (consistance) : mesurée par des appareils permettant de chiffrer précisément leur valeur ;
- vérifiés au niveau du pH : qui doit être proche de celui de la peau ou propre à leur nature et utilisation.

Chaque essai est régulièrement contrôlé dans le temps afin de suivre son évolution. Ainsi, les produits dont la stabilité n’est pas garantie sont progressivement éliminés.
En fin d’étude, seules quelques formules sont acceptables, dont une seulement sera validée par le service marketing. Cette dernière correspond aux objectifs de qualité et sert donc de référence (témoin). Elle subit ensuite des tests avant d’être produite en masse.

2. La bactériologie
Le produit cosmétique doit rester propre bactériologiquement en conditions d’utilisation. Cela implique que son système conservateur doit stopper toute contamination et éviter son éventuelle évolution.
Lors de ce test, en général cinq types de micro-organismes bien définis (mélange de bactéries-levures-moisissures) sont introduits dans le produit afin de vérifier qu’il retrouve très rapidement son état stérile.
La diminution des micro-organismes est contrôlée après deux jours, une semaine, deux semaines et un mois suite à sa contamination. Ce test intitulé « Challenge test » vérifie l’efficacité du système conservateur.

3. La tolérance 
Depuis une bonne quinzaine d’années environ, les firmes cosmétiques n’utilisent plus d’animaux pour tester leurs produits. Et la réglementation européenne ne l’autorise plus sans exception depuis 2009.  Des méthodes dites « alternatives » ont été mises au point sur des protéines végétales, des cultures de cellules, ou encore des membranes d’œuf, notamment pour l’irritation oculaire (IO). Ce sont les tests in vitro (à l’extérieur de l’homme, comme dans des béchers, des éprouvettes, etc.).

Après ces premiers tests réalisés et ayant obtenus des réponses favorables, les produits sont appliqués (pour validation définitive de l’innocuité) sur l’homme grâce à des méthodes très légiférées dites « sur volontaires sains ». Il s’agit de tests in vivo (sur les êtres vivants).

Voici les principaux tests in vivo :
- le patch-test : le produit est appliqué pendant 48 heures sous un pansement occlusif posé dans le dos. Lors de la lecture, la peau ne doit pas présenter d’irritation à l’endroit traité. Il est l’équivalent d’un test d’irritation primaire cutané (IC) ;
- le RIPT (Repeat Insult Patch Test) est une application itérative (= répétitive). Le produit est réappliqué tous les jours pendant une durée de trois semaines pour juger sa tolérance en usage continu ;
- la phototoxicité et la photoallergie : il s’agit de la vérification de la tolérance du produit à l’exposition solaire, même involontaire. Le produit est appliqué quotidiennement pendant trois semaines et le sujet reçoit une dose d’UV en complément.
Il ne doit pas apparaître de taches ou de troubles de la kératinisation.

4. L’analyse physico chimique
Chaque matière première est contrôlée en fonction de ses caractéristiques physico-chimiques. Par exemple : pH, teneur en eau, indices d’acide, colorimétrie, granulométrie, etc.
Dans chaque produit, on contrôle par dosage la présence des ingrédients « dangereux » (appartenant aux listes légales de substances soumises à restriction) ou revendiqués dans les communications publicitaires. Exemples de produits testés : les filtres solaires, les conservateurs, les vitamines, les PA, etc.

5. L’efficacité
Les laboratoires sont tenus de se justifier auprès des services gouvernementaux sur la véracité des textes publiés (publicité, notice, emballage). Ils sont donc contraints d’effectuer des tests d’efficacité sur leurs produits finis ou les PA.

Il existe deux types de tests :
- In vitro : Ils s’effectuent sur culture de cellules ou, pour les plus aboutis, sur peaux reconstruites.
La peau artificielle comprend un derme et un épiderme, qui contient lui-même des mélanocytes (cellules responsables de la pigmentation).
On étudie, par exemple, la relance de la synthèse de collagène par les fibroblastes, ou la neutralisation des radicaux libres produits par les UV, etc.

- In vivo : Ce sont des tests plus lourds à mettre en œuvre car il faut réunir un panel de volontaires parfaitement ciblés pour le produit. Par exemple : des individus à la peau claire pour des mesures d’indice de protection solaire (IP), des personnes à peau acnéique pour tester un gel nettoyant purifiant, des sujets présentant des pattes d’oies pour un soin cosmétique pour le contour de l’œil, etc.
Ils sont généralement de deux types : Les tests métrologiques sont réalisés avec des appareils de mesure qui quantifient les paramètres sur lesquels on désire agir : la profondeur des rides, la couleur des taches pigmentées, la fermeté de la peau, l’hydratation, le taux de sébum, etc.
Les tests consommateurs : le produit est utilisé en condition normale d’utilisation et jugé sur son efficacité selon un questionnaire très précis.

Les résultats de ces tests se complètent et doivent être pris en compte pour juger de la pertinence de la qualité d’un produit.

6. La compatibilité
Ces tests déterminent les éventuelles interactions entre le produit et son emballage.
Les emballages en plastique et les pompes sont particulièrement susceptibles d’interagir avec les produits qu’ils contiennent.
Comme pour les contrôles de stabilité, on opère à un vieillissement accéléré en étuve.

lundi 29 juillet 2013

Le monde des cosmétiques : épisode 1 été 2013 - FORMULATION


L'industrie cosmétique et les produits cosmétiques eux mêmes sont très réglementés puisque l'utilisateur ne doit pas avoir de problèmes de santé liés à leur utilisation, mais aussi car de grands enjeux économiques en dépendent....

Ainsi, la mise sur le marché d’un produit cosmétique est le fruit du travail et des connaissances d’une multitude d’individus passionnés par leur métier, dans un cadre très réglementé et scientifiquement rigoureux. Il est aujourd’hui impossible de s’improviser « laboratoire cosmétique ou cosmétologue » ; cet épisode (et les suivants) a donc pour objectif de lever le voile sur une face cachée de l’industrie cosmétique : la mise au point des formules.



FORMULATION 
Deux années sont généralement dédiées à la formulation, aux tests et à l’industrialisation d’un nouveau produit cosmétique. Vingt à cent essais sont réalisés en laboratoire de recherche et développement avant une soumission au service marketing et une validation (acceptation) de la formule définitive.
Le formulateur doit répondre à trois questions fondamentales :
- Quels sont les principes actifs ?
- Quel sont l’excipient principal et sa texture ?
- Quel est le parfum ?

1. Les principes actifs (PA)


Ils sont choisis en fonction de l’effet recherché, par exemple redonner de la fermeté à la peau et donc lutter contre la destruction de l’élastine ou la rigidification du collagène ou l’appauvrissement du matelas extra cellulaire, etc.

Un ou plusieurs PA sont sélectionnés pour apporter une solution ciblée ou globale. Le formulateur doit donc bien maîtriser la biologie et la biochimie de la peau pour effectuer les bons choix.

On distingue quatre classes de PA :

- Les « compensateurs » : identiques aux composants naturellement présents dans la peau, ils les remplacent quand il en manque. Fournis par le cosmétique, ils sont rapidement utilisables par la peau. Par exemple : les vitamines.

- Les « régulateurs » : répliques des messagers naturels, ils donnent l’ordre de fabriquer un composant ou accélèrent/ralentissent leur production. Par exemple : certains stimulent les fibroblastes cellules fabriquant les fibres (collagène, élastine, réticuline).

- Les « fonctionnels » : identiques ou non à ceux de la peau, ils font en sorte que tout se passe bien en participant au fonctionnement chimique de la peau. Par exemple : les capteurs de radicaux libres/antioxydants.

- Les « physiques » : ils agissent en restant à la surface de la peau, par intervention/protection physique entre la peau et l’environnement. Par exemple : les filtres solaires, les écrans.

2. L’excipient
C’est le « support » du ou des principes actifs. Il véhicule ces derniers à travers la peau.

Pour mieux comprendre une image peut être utilisé celle d’un bus ! Le bus est un transporteur de passagers au même titre que l’excipent pour le(s) PA : il  va d’un point A à un point B…
MAIS si le bus ne possède pas de réservoir, de moteur, de batterie… bref certains éléments obligatoires pour le fonctionnement/le déplacement de la machine Vous resterez sur place. Il en est de même avec certains ingrédients de la formule qui servent à faciliter le passage au travers de la peau. Donc dans le cas du bus, l’excipient (le principal) c’est le bus lui même. Mais la batterie est aussi considérée comme un des excipients (secondaire) de la formule.
Dans le cas d’une crème visage par exemple, l’excipient principal de ce produit est l’émulsion et  l’huile qu’elle contient (peu importe l’origine) sera considérée comme excipient aussi mais secondaire car la plupart des huiles facilitent l’absorption par affinité avec la structure de l’épiderme.


En résumé, ce support/véhicule/excipient est au minimum un ingrédient mais plutôt une association d’ingrédients.
Sa composition dépend :
- de la destination du produit (corps, visage) ;
- des actifs véhiculés (en tenant compte des contraintes physico-chimiques : pH, température, solubilité, etc.) ;
- du plaisir d’utilisation (évaluation sensorielle) ;
- de l’emballage du produit finis (pot, tube, flacon);
- du prix de vente.

Les ingrédients excipients jouent également assez fréquemment un autre rôle, comme par exemple : agent d’étalement, agent d’absorption du produit ou agent de toucher (qui améliore le plaisir lors de l’application) et même principe actif...


Rappels : Formule = PA + Excipient + Adjuvant + Additif

    
ROLES
EXEMPLES
Excipient
Il est le support du ou des principes actifs et permet de véhiculer les actifs à travers la peau
Emulsion d’une crème, solvant d’une lotion, huile…
Principe actif
Substance active présente dans le produit et lui donnant son efficacité cosmétique
acide, élastine…
Adjuvant
Permet d’améliorer l’action de l’excipient
Humectant : évite la déshydratation du produit (glycérine)
Stabilisant : épaissit/gélifie le produit (xanthane gum)
Additif
Présent en petite quantité, améliore la présentation du produit
Parfum, colorant, conservateur, antioxydant


3. Le parfum
Le parfum est déterminant dans l’acte d’achat car le système olfactif du client est particulièrement important dans l’acceptation ou le rejet d’un produit lors d’un premier contact.

Le reflexe purement animal que nous avons lors de la découverte d’un cosmétique, la première chose faite c’est : SENTIR le produit !!! Si l’impression est favorable, on passe à la deuxième étape qui est l’application du produit sur le dos de la main pour essayer cette fois la texture et au final selon les deux impressions adopter ou rejeter le produit !



Le parfum, ou « concentré» dans le jargon des labos, est une composition/création parfumante constituée du mélange d’huiles essentielles (= substances aromatiques huileuses naturellement présentes dans les végétaux), d’absolues, d’isolats, etc.
C’est une substance grasse et liposoluble, qui fait donc partie de la phase grasse d’un produit (quand il y en a une) ou qui est solubilisée (si l’excipient est aqueux)et qui est très sensible à l’oxydation donc travaillé de façon particulière….

 

Suite au prochain épisode LES CONTROLES ET TESTS pour continuer à comprendre  les travailleurs de la cosmétique!!!